martes, 22 de septiembre de 2009

Charles Baudelaire (1821-1867)


Invitación al viaje 


Mi niña, mi hermana,
Piensa en lo dulce
De ir allí  a vivir juntos!
Amar a placer
Amar y perecer
En el país que te asemeja!
Los húmedos soles
De aquellos cielos nublados
Albergan para mí los encantos
Tan misteriosos
De tus traidores ojos,
Que brillan a través de sus lágrimas.


Allí, todo es orden y belleza,
Lujo, calma, voluptuosidad.


Muebles relucientes,
Lustrados por los años,
Decorarían nuestra habitación,
Las más raras flores
Mezclarían sus olores
Con la vaga esencia del ámbar,
Los suntuosos techos,
Los profundos espejos,
El esplendor oriental,
Todo hablaría
al alma en secreto
En su suave lengua natal.


Allí, todo es orden y belleza,
Lujo, calma, voluptuosidad.


Ve en esos canales,
Reposar las naves
De humor vagabundo;
Vienen a saciar
Tu menor deseo
Desde el fin del mundo,
-       Los soles ponientes
Revisten los campos,
Los canales, la ciudad entera,
De jacinto y de oro,
El mundo se adormece
Bajo una cálida luz.


Allí, todo es orden y belleza,
Lujo, calma, voluptuosidad.

 



domingo, 20 de septiembre de 2009

La Poésie

La poésie et l'amour sont les deux seules forces capables de vaincre la mort ; mais cette victoire reste fragile, et menacée par l'impatience même du désir.

La tradition considère Orphée comme le premier des poètes. La descente aux Enfers figure l'aventure mentale, la quête initiatique que poursuit le poète dans sa descente au fond du langage.
L'œuvre d'art doit se suffire à elle même ; elle doit rester indépendante de toute cause et de toute intention morale, politique et sociale. Il faut que la poésie et les poètes ne servent à rien, sinon à créer de la beauté. Or, rien de ce qui est beau n'est indispensable à la vie. "Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants" (T. Gautier). À partir de l'époque romantique, elle cesse peu à peu de chercher son but ailleurs qu'en elle-même et devient "poésie pure".
Pourtant "ce que nous appelons poésie n'est pas né comme plaisir mais comme outil. Toute l'histoire ultérieure de la poésie sera l'histoire de changements d'usage et de destination de cet outil" (G. Mounin). La poésie peut donc devenir un moyen de connaissance. Le romantisme a transformé cette proposition en article de foi: le poète est un mage, un prophète, un voyant... Le thème de la voyance poétique se retrouve tout au long du XIXe dans la réflexion sur la poésie.
Outil, instrument mnémotechnique, moyen de connaissance, procéder pour communiquer une émotion ou une expérience, la poésie est tout cela. Mais elle est aussi un objet de plaisir et objet ludique. L'utilité et le plaisir sont deux faces indissociables de la réalité poétique.

(Joubert, Jean Louis. La Poésie, Armand Colin: Paris, 1988)

sábado, 19 de septiembre de 2009

Arthur Rimbaud (1854-1891)


Sensación

En los atardeceres azulados de estío iré por los senderos,
Raspado por el trigo, a pisar el pasto suave:
Soñador, sentiré el frescor en mis pies
Y al viento, dejaré bañar mi cabeza desnuda.

No hablaré, tampoco pensaré:
Pero el amor infinito ascenderá en mi alma,
E iré lejos, bien lejos, como un bohemio,
Por la Naturaleza, -feliz, como junto a una mujer.

viernes, 18 de septiembre de 2009

Stéphane Mallarmé (1842-1898)


Tristesse d'été

Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,
En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.

De ce blanc Flamboiement l'immuable accalmie
T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,
« Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l'antique désert et les palmiers heureux! »

Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas
L'insensibilité de l'azur et des pierres.


Tristeza de verano

El sol, sobre la arena, luchadora dormida,
Calienta un baño lánguido, en tu pelo de oro,
Y consume el incienso sobre tu hostil mejilla,
Mezclando con los llantos un brebaje amoroso.

Resplandeciente el blanco de la inmutable calma
Dijiste, entristecida, ay! mis tímidos besos
“¡No seremos jamás una única momia
Bajo el desierto antiguo de palmeras felices!”

Pero tu cabellera es un torrente tibio,
Donde ahogar sin temblar el alma que nos ronda
Y acertar esa Nada que tú desconoces.

Probaré el maquillaje llorado por tus párpados,
Para saber si sabe al corazón golpeado dar
La insensibilidad del azul y las piedras.