domingo, 20 de septiembre de 2009

La Poésie

La poésie et l'amour sont les deux seules forces capables de vaincre la mort ; mais cette victoire reste fragile, et menacée par l'impatience même du désir.

La tradition considère Orphée comme le premier des poètes. La descente aux Enfers figure l'aventure mentale, la quête initiatique que poursuit le poète dans sa descente au fond du langage.
L'œuvre d'art doit se suffire à elle même ; elle doit rester indépendante de toute cause et de toute intention morale, politique et sociale. Il faut que la poésie et les poètes ne servent à rien, sinon à créer de la beauté. Or, rien de ce qui est beau n'est indispensable à la vie. "Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants" (T. Gautier). À partir de l'époque romantique, elle cesse peu à peu de chercher son but ailleurs qu'en elle-même et devient "poésie pure".
Pourtant "ce que nous appelons poésie n'est pas né comme plaisir mais comme outil. Toute l'histoire ultérieure de la poésie sera l'histoire de changements d'usage et de destination de cet outil" (G. Mounin). La poésie peut donc devenir un moyen de connaissance. Le romantisme a transformé cette proposition en article de foi: le poète est un mage, un prophète, un voyant... Le thème de la voyance poétique se retrouve tout au long du XIXe dans la réflexion sur la poésie.
Outil, instrument mnémotechnique, moyen de connaissance, procéder pour communiquer une émotion ou une expérience, la poésie est tout cela. Mais elle est aussi un objet de plaisir et objet ludique. L'utilité et le plaisir sont deux faces indissociables de la réalité poétique.

(Joubert, Jean Louis. La Poésie, Armand Colin: Paris, 1988)

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